Le docteur Jean Dastugue (1910-1996), où la rigueur de l'anatomie humaine.
Djillali Hadjouis  1@  
1 : Hadjouis
d.hadjouis@gmail.com

Le docteur Jean Dastugue a eu deux carrières professionnelles et scientifiques. La première en tant que chirurgien orthopédiste dès les années trente, la seconde à partir de 1957 en tant que paléopathologiste. Et c'est cette seconde période qui fut la plus enrichissante pour lui, où pendant quarante années, il a étudié plusieurs collections anthropologiques de par le monde. Véritable successeur du Dr Léon Pales, il fut le seul à relancer le débat sur les principales affections de l'homme préhistorique. Parallèlement à ses activités de chercheur, il dut remplir ses missions d'enseignement en anatomie et directeur de l'Institut d'Anthropologie de la faculté de médecine de Caen, créé par lui en 1959.

Ses travaux ont longtemps porté sur les populations Sapiens du Paléolithique supérieur et du Néolithique d'Afrique du Nord (Taforalt au Maroc en 1963, Columnata en 1970, région d'Alger en 1973, Afalou Bou-Rhummel en 1975, en Algérie).

Les quatre dernières années avant sa mort ont été pour nous (Philippe Andrieux, directeur du Laboratoire du Val de Marne et moi-même) une chance de pouvoir travailler avec lui, puisque nous l'avons hébergé dans notre laboratoire afin qu'il puisse achever son étude sur la collection funéraire de La Queue-en-Brie. Ni son caractère ombrageux, ni ses critiques sévères sur la terminologie anatomique, parfois non conforme à sa réflexion sur le bipède normal, anormal et pathologique n'ont été un frein pour nous. Bien au contraire notre collaboration nous avait amenés sur un terrain de dialogues et de débats d'un grand enrichissement, où le discours en réunion, à deux ou à dix, était plutôt celui du professeur et de l'élève. Les démonstrations étiopathogéniques de la luxation congénitale de la hanche et son diagnostic différentiel avec la luxation traumatique ou les multiples vestiges de la trépanation crânienne en valaient la peine.


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